Rito Martín explique les défis et le processus technique derrière l’authentification d’une œuvre inédite d’Alonso Quesada

L’examen forensique des documents et l’analyse de l’écriture révèlent une œuvre littéraire jusque-là inconnue, mettant en lumière le rôle des techniques forensiques dans l’authentification du patrimoine culturel.

Rito Martín, spécialiste de l’analyse de l’écriture, de la criminologie, de l’examen des documents et de l’expertise forensique en propriété intellectuelle et industrielle, a analysé avec soin quatre-vingt-six pages manuscrites non signées attribuées à Alonso Quesada. Ces documents ont été découverts par Yolanda Arencibia parmi les archives déposées il y a des années au sein de la Casa Museo Tomás Morales de Moya par la fille de Quesada.

En tant que président de la Société des experts des Canaries en examen de documents et en analyse de l’écriture, Martín a permis l’intégration, avec toutes les garanties, d’une nouvelle œuvre jusque-là inédite intitulée Doña Juana y sus hijos dans le corpus littéraire de Quesada. L’œuvre est décrite comme une intéressante pièce théâtrale de tradition populaire structurée par Quesada en onze scènes.

Le 24 avril à 19h00, Rito Martín donnera une conférence à la Casa Museo Tomás Morales de Moya, qui abrite les archives Alonso Quesada. Intitulée « Certifier une œuvre : techniques forensiques appliquées à l’art. Identification des textes d’Alonso Quesada », cette présentation s’inscrit dans le programme du centenaire commémorant la mort du poète, organisé par le Département de la culture du Cabildo de Gran Canaria. Au cours de cette conférence, Martín présentera la complexe analyse d’expertise réalisée sur les textes retrouvés. Ces documents, qui portent les traces d’effacements et de déchirures causés par le passage du temps, ont été publiés sous forme de livre dans la collection Dramaturgias Insulares du même département.

L’empreinte digitale de Quesada

Au cours de la conférence, Martín examinera également le lien entre sa formation initiale en criminologie, sa spécialisation ultérieure et son travail professionnel en tant qu’expert forensique, en particulier concernant l’application des techniques forensiques à l’authentification des œuvres d’art. Pour l’illustrer, il présentera des exemples et des photographies de découvertes réalisées dans diverses œuvres.

Parmi ses nombreux travaux commandés figure une étude demandée par le TEA (Tenerife Espacio de las Artes) sur l’authenticité d’un carnet attribué au peintre surréaliste Óscar Domínguez. Les participants découvriront les différentes étapes suivies par Martín pour déterminer que cette œuvre jusque-là inconnue avait bien été écrite de la main même d’Alonso Quesada, ainsi que d’autres aspects d’intérêt forensique. À ce stade, ils pourront également observer l’empreinte digitale laissée par Alonso Quesada lorsque son doigt est entré en contact avec le manuscrit alors qu’il écrivait avec une encre encore fraîche.

Rito Martín affirme que lorsqu’il est confronté à un nouveau défi, comme l’authentification d’une œuvre d’art en laboratoire, une large gamme d’émotions surgit. « La première est la responsabilité ; par conséquent, lorsqu’il s’agit d’un patrimoine historique et culturel qui appartient à tous, nous prenons toutes les mesures de sécurité possibles. Il est important de rappeler qu’avec le temps, les œuvres, leurs supports et leurs matériaux se détériorent, nous devons donc faire preuve de la plus grande prudence. En même temps, nous ressentons aussi une responsabilité quant à l’obtention de résultats susceptibles d’avoir des conséquences importantes. »

Il poursuit : « Enfin, on ne peut nier que c’est un grand privilège d’avoir un accès direct aux œuvres des grandes figures de notre culture et de pouvoir découvrir des éléments cachés — comme une empreinte digitale, une signature sur une peinture, ou encore un dessin modifié par l’artiste et resté sous des couches de peinture — puis de les révéler sans causer le moindre dommage. »

Depuis la fin des années 1990, Martín s’intéresse à la relation entre la criminologie et le patrimoine historique. Ses travaux universitaires ont porté sur la criminalité et le patrimoine archéologique. Selon lui, les équipes pluridisciplinaires demeurent essentielles à l’avancement de la science, comme elles l’étaient déjà par le passé. Chimistes, historiens, restaurateurs, criminologues et autres spécialistes sont indispensables. Il souligne également que des équipements forensiques tels que ForenScope peuvent apporter des informations précieuses sur les documents, les peintures, l’art rupestre et les matériaux céramiques.