Qu’est-ce que la photographie forensique ?
Bref historique de la photographie, de la photographie forensique et des techniques employées dans ce domaine.
La photographie est considérée comme une priorité dans l’investigation de scène de crime, car des clichés correctement réalisés de la scène et des indices constituent une trace permanente des faits. Une caméra adaptée, un point de vue approprié, un bon éclairage et la technique adéquate produisent un résultat irréprochable, utile aux forces de l’ordre pendant l’enquête et la procédure judiciaire.
Bref historique de la photographie et de la photographie forensique
Inventée en 1824 sous le nom d’« héliographie », un procédé très complexe, la photographie ne devient véritablement pratique qu’en 1839. La photographie forensique apparaît presque immédiatement après. Établie par le détective et chercheur français Alphonse Bertillon en 1840, elle permet de rendre compte d’une scène de crime ou d’une affaire pénale, de présenter les preuves et de documenter les faits dans leur état initial afin d’aider les enquêteurs et d’éviter les confusions. Les techniques photographiques et le matériel sont spécialisés pour ce domaine.
La plus ancienne gravure héliographique conservée connue (1825) et une photographie forensique d’une scène de crime, Paris (1902).
Histoire et développement de la photographie forensique.
Comme indiqué précédemment, le détective et chercheur français Alphonse Bertillon a établi la photographie forensique parallèlement à d’autres méthodes biométriques, telles que la détection des empreintes digitales et l’anthropométrie. Une nouvelle ère s’ouvre alors pour les sciences forensiques, influençant même le célèbre romancier Sir Arthur Conan Doyle, créateur de Sherlock Holmes.
Comment commence et se déroule une investigation de scène de crime ?
La procédure commence par une instruction du procureur adressée à l’unité d’investigation de scène de crime et se poursuit jusqu’à la fin de l’affaire. Les informations transmises par les premiers intervenants sont consignées, sans conditionner l’examen des lieux. Comme dans la plupart des recherches scientifiques, le premier principe est le doute : « Tout peut être trompeur ». L’investigation se poursuit par la photographie, avec ses méthodes et techniques spécialisées. Les indices sont ensuite confiés au laboratoire de criminalistique conformément aux instructions du procureur ou du tribunal.
Étapes et techniques de la photographie forensique.
L’investigation de scène de crime est essentielle pour découvrir des preuves et établir un rapport détaillé des lieux. Un tel rapport peut contenir jusqu’à 4 000 photographies d’une seule scène.
La photographie forensique vise principalement à saisir, identifier, différencier et archiver les images pour permettre ultérieurement de reconnaître la scène et les indices. Les clichés doivent donc être réalisés avec une grande minutie, en montrant leurs caractéristiques et leurs détails. Ils doivent être clairs et nets, et restituer aussi précisément que possible la couleur, la forme, la structure et les composants des objets.
Différentes techniques rendent ces nombreuses photographies exploitables : vues d’ensemble, panoramiques, à moyenne distance et rapprochées. Avant la prise de vue, une fiche mentionnant la nature des faits, l’adresse, l’heure et le code de l’équipe intervenante est photographiée.
Les vues d’ensemble peuvent inclure l’environnement et les abords de la scène : bâtiments, véhicules, mobilier, commerces, routes et rues. La photographie panoramique est utilisée pour ces vues.
Les vues à moyenne distance sont réalisées après identification et numérotation des indices, depuis des points de vue fixes et en préservant une représentation de l’ensemble de la scène.
Les gros plans sont pris avec des règles et des échelles spéciales. À défaut, des objets aux dimensions connues, tels que des pièces de monnaie ou des paquets de cigarettes, peuvent servir de repères.



