Examen des documents et des œuvres d’art
L’analyse forensique des documents est une branche des sciences forensiques qui évalue les documents contestés dans le cadre judiciaire. Elle les compare à des références connues, c’est-à-dire à des exemples authentiques. L’expert examine systématiquement leurs attributs et caractéristiques pour déterminer leur mode de réalisation et leurs modifications éventuelles.
Les documents contestés sont ceux dont l’authenticité est douteuse ou incertaine. Les criminels tentent souvent de brûler ou détruire des pièces importantes pour dissimuler leurs activités et intentions.
La plupart des documents nécessitent une combinaison optimale de dispositifs et techniques de sécurité. Certains protègent contre plusieurs menaces, mais aucun ne couvre tout ni n’est efficace à 100 % contre une catégorie donnée. Une protection équilibrée, intégrant plusieurs couches de sécurité, offre la meilleure défense contre la fraude.
Les documents examinés comprennent cartes authentiques ou falsifiées, contrats, déclarations, titres, billets à ordre, certificats, billets de banque, chèques, lettres manuscrites, documents produits par photocopieur, fax ou imprimante et documents électroniques. Les UV et l’IR sont des sources lumineuses couramment utilisées.
L’éclairage UV sert notamment à vérifier images et signatures, examiner documents et encres, détecter des taches, révéler des empreintes latentes sur les scènes, suivre des traces sur les vêtements et repérer des restes humains.
Les UV distinguent différents papiers et textures grâce à leur fluorescence particulière. Celle-ci dépend notamment de l’encollage et du calandrage ; elle peut sembler verdâtre ou rougeâtre. Deux papiers d’apparence identique peuvent ainsi être différenciés.
Faux billets, papiers de sécurité, passeports et certificats fluorescent différemment selon leurs fibres et leur encollage. Certains filigranes chimiques ou mécaniques se distinguent par leur luminosité UV. Les documents officiels comportent des fibres de sécurité multicolores qui brillent en rouge, vert et bleu, contrairement aux faux.
Des taches visibles sous UV peuvent signaler un traitement par effaceur d’encre. Les fibres endommagées par un effacement mécanique deviennent également visibles.
L’étude des techniques de réalisation des œuvres porte notamment sur la composition chimique des pigments et des liants des huiles, temperas et aquarelles, ainsi que sur d’autres caractéristiques d’authenticité.
Une expertise forensique d’art permet d’authentifier un objet et d’en évaluer la valeur sociale, spirituelle et matérielle, notamment lors d’un héritage ou d’un cadeau précieux. L’achat de vases anciens, tableaux ou bijoux destinés à l’exportation peut également nécessiter un résultat d’expertise.
Cette expertise regroupe des recherches visant à déterminer l’artiste, l’origine géographique et la période de l’œuvre. La diversité des objets — peintures, monnaies, armes, couverts, porcelaine et antiquités — la complexifie. Les spécialistes étudient aussi bâtiments historiques, ensembles paysagers, espaces intérieurs ou extérieurs et monuments culturels.
Les analyses peuvent être effectuées au laboratoire ou sur place. Les méthodes doivent être aussi peu invasives et aussi non destructives que possible, sans endommager les objets.
Les huiles et vernis, constitués de matières organiques, se dégradent avec le temps et produisent une fluorescence verte sous UV. Une peinture ancienne fluoresce ainsi du fait de ses composés organiques. Les zones claires et sombres renseignent sur son âge, ses ajouts et ses restaurations.

L’image 1(b), prise avec la tablette DocEx sous UVC d’environ 255–280 nm, révèle l’état de la peinture. La surface jaune indique un vernissage ; les taches plus claires correspondent à des pertes de vernis ancien. L’image 2(b), sous UVA d’environ 360–370 nm, montre des ajouts modernes sombres, car ils ne fluorescent pas. Elle révèle donc qu’une peinture du XXe siècle a été restaurée après sa réalisation.
La radiographie révèle des détails difficiles à voir. Les rayons X traversent les couches picturales et produisent une image contrastée. Les restaurations et les couches épaisses comportant des matériaux à métaux lourds apparaissent plus claires.
L’infrarouge ne sert pas seulement aux télécommandes : il aide les experts à étudier les peintures et leur ancienneté. Il pénètre les couches qui lui sont transparentes. Le support de bois ou la toile absorbent l’IR et révèlent des détails peu visibles en lumière normale, notamment dessins et esquisses sous-jacents. L’image 3 a été prise avec l’éclairage IR d’environ 940–960 nm et le filtre LP850 nm de ForenScope DocEX. Elle révèle un portrait esquissé au fusain sous une peinture acrylique moderne.
La plupart des peintres ont une manière personnelle de préparer leur travail. Une analyse IR ne correspondant pas aux originaux connus peut donc aider à détecter un faux.
De façon générale, la réflectographie IR et la fluorescence induite par UV permettent d’approfondir la connaissance des œuvres.


