Chaque œuvre d’art est unique par sa technique de réalisation, ses matériaux et ses qualités esthétiques. Elle reflète son époque et possède, à ce titre, une valeur documentaire. Les catastrophes naturelles, le vandalisme et le vieillissement, entre autres, la menacent. Une documentation détaillée permet de transmettre aux générations futures les informations qu’elle contient, même en cas de disparition.
Il est nécessaire de documenter tous les détails face au risque de vol ou de substitution par un faux. Une documentation approfondie renseigne aussi les chercheurs sur les techniques et les matériaux choisis par l’artiste. Étudier les détails de fabrication, les traces et les différentes couches enrichit notre compréhension de l’histoire de l’œuvre.
Les œuvres font également l’objet de travaux de conservation-restauration. Une documentation préalable détaillée identifie les altérations et les propriétés des matériaux. Avant de nettoyer une peinture, il faut par exemple déterminer si sa surface comporte du vernis ou des retouches ; une photographie sous UV permet de le documenter (image 1). Les phases de documentation et de diagnostic précisent ainsi les problèmes à traiter avant l’intervention.
Recueillir autant de données que possible avant l’intervention protège l’œuvre et les conservateurs-restaurateurs contre les malentendus. Les images avant et après traitement présentent parfois des différences importantes. Pour en identifier les causes, il faut disposer de photographies détaillées à haute résolution, réalisées avant et après à différentes longueurs d’onde.
La documentation ne se limite pas au début du processus. Elle doit se poursuivre aux autres étapes du projet, afin d’enrichir les données, de tenir les archives à jour et de suivre l’œuvre. Elle reste indispensable à chaque stade de la conservation-restauration.
Photographies, dessins, rapports et autres données doivent être sauvegardés dans des archives numériques. Les éclairages et les filtres utilisés doivent être précisés. Le logiciel ForenScope permet d’ajouter automatiquement aux images la combinaison filtre-éclairage employée, ce qui simplifie considérablement le travail.


